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POMPIERS 18
POLICE - GENDARMERIE 17
SMUR 15


- Définition du phénomène à risque
- Comment se manifeste-t-il?
- Les conséquences sur les personnes, les biens et l'environnement
- Typologie dans le département
- Les mesures prises pour faire face au risque
- Les consignes de sécurité et informations
- Pour en savoir plus
- Carte de l'aléa


Définition du phénomène à risque
Un barrage est un ouvrage, le plus souvent artificiel, généralement établi en travers d’une vallée, transformant en réservoir d’eau un site naturel approprié. Le phénomène de rupture de barrage correspond à une destruction partielle ou totale d’un barrage.

Comment se manifeste-t-il ?
Les accidents susceptibles de survenir sont de type à provoquer un flot inattendu en aval de la retenue :

 la rupture de digue partielle ou totale qui entraînerait le déferlement d’une onde de submersion, plus ou moins importante, provoquant en aval une inondation.

 la surverse : elle est due à une situation de crue et se traduit par le passage d’un flot continu par-dessus l’ouvrage. - un glissement de terrain : en arrivant dans la retenue, il peut provoquer une surverse par à-coups.

 les lâchers d’eau : au niveau de la vanne de vidange, ils peuvent être commandés soit pour vidanger le barrage pour entretien, soit pour évacuer l’eau retenue en prévision d’un phénomène pluvieux remarquable.


Retenue collinaire de Combani. Photo DAF
Les conséquences sur les personnes, les biens et l’environnement

L'onde de submersion ainsi que l'inondation et les matériaux transportés, issus du barrage et de l'érosion intense de la vallée, peuvent occasionner des dommages considérables :

 Conséquences sur les personnes : noyade, ensevelissement, personnes blessées, isolées ou déplacées ;

 Conséquences sur les biens : destructions et détériorations aux habitations, aux entreprises, aux ouvrages (ponts, routes, etc.), au bétail, aux cultures ; paralysie des services publics, etc. ;

 Conséquences sur l’environnement : endommagement, destruction de la flore et de la faune, disparition du sol cultivable, pollutions diverses, dépôts de déchets, boues, débris, etc.

Typologie dans le département

 La retenue de Dzoumogné
Ce barrage en remblais construit en 2000 avec démarrage de la mise en eau en 2001, possède un volume maximal de 1.95 millions de m³.
Pour ce type de barrage en matériaux meubles, le risque de rupture progressive par « renard » est plus probable que celui d’une rupture instantanée.

Le principal enjeu est le village de Dzoumogné. Dans l’hypothèse d’un renard, la modélisation de la rupture conduit à un débit de pointe de 1524 m3/s avec une submersion des quartiers bas de Dzoumogné. Les hauteurs de submersion au dessus du fond de vallée sont de l’ordre de 3 à 4 mètres. La route est recouverte par une hauteur de 3,5 mètres au dessus du pont avec un aléa très fort. Le front d’onde de hauteur 30 cm atteint l’école au bout de 7 minutes et la baie de Longoni en 23 minutes.

Le barrage est équipé d’un évacuateur de crue de surface de 50 mètres de longueur qui permet le déversement des eaux de crue sans dommages pour la digue. L’évacuateur de crue est capable d’évacuer une crue décamillénale.


Retenue de Dzoumogné. IGN 2008


Retenue de Dzoumogné. Photo DAF

La retenue de Combani

Ce barrage en remblais construit en 1997 avec démarrage de la mise en eau en 1998, possède un volume maximal de 1.5 millions de m³.
Pour ce type de barrage en matériaux meubles, le risque de rupture progressive par « renard » est plus probable que celui d’une rupture instantanée.

La modélisation de la rupture a été réalisée dans l’hypothèse la plus pessimiste d’une rupture par surverse puis d’une rupture par renard, beaucoup plus probable pour ce type d’ouvrage. Le débit de pointe en aval immédiat de la retenue est d’après cette dernière hypothèse de 530 m3/s. Dans ce cas, l’onde submerge les parties basses des villages de Combani et Miréréni. A la traversée du village, les hauteurs de submersion au dessus du fond de vallée sont importantes, de l’ordre de 3 à 5 mètres. L’aléa pour la route qui traverse la vallée est très fort, et le pont de Combani sera détruit. Dans la vallée rétrécie entre le pont de Combani et la chute en aval, les fortes vitesses entraîneront des érosions de berge et l’arrachement de la quasi-totalité de la végétation riveraine. La durée des submersions est de l’ordre de 2 heures.


Retenue de Combani. IGN 2008


Retenue de Combani. Photo DAF

Par ailleurs, concernant les deux retenus, il y a aussi un risque de glissement de terrain : compte tenu de la nature argileuse très plastique des matériaux d’altération susceptibles d’être présents dans les versants, de leur érodabilité, et de l’inconnue concernant les niveaux statiques d’une nappe éventuelle, il n’est pas à exclure que des problèmes de stabilité de pente puissent être rencontrés localement.

Les communes concernées

 Village de Dzoumogné (commune de Bandraboua) ;
 Villages de Combani et de Miréréni (commune de Tsingoni)

Les mesures prises pour faire face au risque

fleche Connaissance du risque

Une modélisation hydraulique de la propagation de l’onde de rupture a été réalisée pour chaque barrage afin de préciser l’étendue des zones inondées dans les vallées à l’aval des barrages et le temps d’arrivée de l’onde aux points critiques des vallées (cf. Illustrations suivantes).

La nouvelle réglementation applicable à Mayotte sur la sécurité des digues et barrages (décret du 11/12/2007) demande au propriétaire ou exploitant, la mise en conformité de son ouvrage. Le Préfet de Mayotte a pris deux arrêtés en application de ce décret et de l’arrêté du 29/02/08 fixant les prescriptions relatives à la sécurité et la sûreté des ouvrages hydrauliques. Ces deux arrêtés préfectoraux prévoient notamment la réalisation d’études de dangers (avant le 31/12/11 pour le barrage de Dzoumogné et avant le 31/12/12 pour le barrage de Combani) ainsi qu’une revue de sûreté pour le barrage de Dzoumogné avant le 31/12/11.

fleche Surveillance

Des dispositifs de surveillance ont été mis en place autour des barrages. Ils permettent de suivre la pluviométrie, les débits dans les rivières alimentant les retenues, et les débits de drainage du barrage, et de lire les niveaux d’eau dans le plan de la retenue. Des réseaux de piézomètres ont été installés pour le contrôle de l’étanchéité du barrage et des repères topographiques pour le contrôle de la stabilité de l’ouvrage.

Une visite hebdomadaire du barrage et de ses ouvrages est effectuée par l’exploitant, et le contrôle et le suivi d’auscultation sont réalisés par un bureau d’études spécialisé.

fleche Mesures réglementaires et dispositifs de sécurité

En application de la loi du 13 août 2004 relative à la modernisation de la sécurité civile, des Plans Particulier d’Intervention (PPI) sont en préparation pour les deux retenues. Ils définiront les risques liés aux barrages, le principe de déclenchement de l’alerte et ses conséquences, l’organisation du commandement et l’organisation des secours.

Les consignes de sécurité et information

AVANT

- Connaître les risques, les points hauts sur lesquels se réfugier, les moyens et les itinéraires d’évacuation,
- Connaître le signal d’alerte.

AU SIGNAL D’ALERTE TRANSMIS PAR LE MAIRE ET LES SERVICES DE SECOURS

- Couper l’électricité et débrancher les appareils de gaz,
- Gagner immédiatement les points hauts les plus proches,
- Ne pas revenir sur ses pas,
- Ne pas aller chercher ses enfants à l’école,
- Attendre l’autorisation des autorités avant de regagner son domicile,
- Evaluer les dégâts.

PENDANT

- Repérer les endroits les plus résistants du local et s'y tenir (pièce centrale, wc, placard, cage d'escalier).
- S'éloigner des baies vitrées.
- Surveiller la résistance de l'abri.
- Ouvrir sous le vent au cas où une ouverture cèderait.
- Surveiller le risque d'inondation.
- Se méfier du calme de l’œil du cyclone (il y aura inversion et renforcement des vents après l’œil).
- Redoubler de vigilance la nuit.
- Attendre impérativement la fin d'alerte pour sortir.

DANS TOUS LES CAS RESPECTER LES CONSIGNES DE SÉCURITÉ
Radio Mayotte RFO sur 91 et 92 FM ainsi que sur 1458 AM

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur le risque rupture de barrage, consulter le site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) : http://www.risquesmajeurs.fr/category/grandes-catégories/le-risque-rupture-de-barrage

Concernant le risque rupture de barrage à Mayotte, s’informer :
à la Direction de l’Agriculture et de la Forêt (DAF)
 au Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement de Mayotte (SIEAM)
 à la Préfecture (SIDPC)
en mairies (Bandraboua et Tsingoni)

Carte de l'aléa


BRGM Antenne Mayotte - Mai 2010