Le
contexte Mahorais - Géologie,
relief et climat
Géologie et relief
Située dans l’Océan Indien, distante de
1 600 km de La Réunion et de 8 000 km de la métropole,
Mayotte est l’île la plus méridionale
et la plus orientale (13° de latitude sud, 45° de
longitude est) des quatre îles qui composent l’archipel
des Comores.
D’une superficie totale de 375 km², le territoire
de Mayotte est composé de deux îles principales,
Grande Terre (365 km²) et Petite Terre (10
km²), et
d’une trentaine d’îlots escarpés, séparés
de la haute mer par un récif corallien de 160 km de long,
isolant un lagon de 1 100 km².
Sa localisation dans la région, à l’entrée
du Canal du Mozambique et à mi-chemin entre l’Afrique
et Madagascar, lui donne une position à fort potentiel
stratégique.

Topographie numérique de Mayotte interpolée à partir
de la BD Alti © IGN de 1998.

Le relief, facteur limitant de
l’occupation de l’espace *
Mayotte, la plus « ancienne » des îles
qui composent géographiquement l’archipel des
Comores, est d’origine volcanique. Elle présente
une altitude moins élevée que les autres îles,
en raison de l’action prolongée de l’érosion
et de l’enfoncement du plateau. Ainsi, Mayotte s’élève à plus
de 3 000 m des profondeurs marines mais l’altitude
terrestre culmine à un peu moins de 700 m.
Elle comporte
cinq sommets principaux : du nord au sud, le Mont Dziani
Bolé (472 m), le Mont Mtsapéré (572
m), le Mont Combani (477 m), le Mont Bénara (660
m) et le Mont Choungui (594 m).
L’île de Grande
Terre s’organise ainsi selon quatre barrières
montagneuses, qui ménagent entre elles des voies de
communication privilégiées. Ces quatre barrières
sont les crêtes du Nord, qui culminent avec le mont
Dziani Bolé, le massif du centre depuis le Mont Mtsapéré jusqu’au
Mont Combani ; le massif du Bénara et le Mont Choungui
tout au sud. Ces différents massifs, résultats
d’une activité volcanique intense, ponctuent
le paysage de Mayotte par un relief pentu sur lequel l’érosion
a dessiné de profonds contreforts qui découpent
le territoire. Ainsi, 63% de la surface de Grande Terre se
caractérisent par des pentes supérieures à 15%
et/ou se situent à une altitude supérieure à 300
m.
La pointe nord-ouest de l’île est le domaine
de fortes pentes littorales et de plateaux restreignant les
possibilités d’accès, tandis que la partie
sud se distingue par des pentes moins marquées. Les
rares espaces plats, propices à l’installation
des hommes, sont contenus dans la mince bande littorale de
l’île.
Ainsi, l’exiguïté de
Mayotte, renforcée par son insularité, offre
peu de sols disponibles pour les activités humaines
et constitue un facteur déterminant de l’occupation
et de l’organisation du territoire. La localisation
des voiries répond ainsi aux contraintes imposées
par le relief. Elles suivent le pourtour de l’île
et sont peu nombreuses à l’intérieur
des terres.
* Source : PADD de Mayotte
Aperçu de l’histoire géologique
de Mayotte
Mayotte résulterait de l’évolution de
deux volcans boucliers depuis 15 millions d’années
(Ma) en domaine sous-marin et depuis 10 Ma en domaine aérien
pour le bouclier Sud, et environ 4 Ma pour le bouclier Nord.
Les roches principales observées sur le terrain sont
des empilements de coulées de type basaltique, phonolitique
ou trachytique, des scories basaltiques et des dépôts
pyroclastiques à cendres, lapilli et blocs.
Les épisodes
d’activité volcanique ont été entrecoupés
de périodes d’altération supergène
(sur basaltes) ou hydrothermale (sur phonolites) qui se traduisent,
sur le terrain, par des altérites argileuses interstratifiées
ou imbriquées dans les coulées.
Des failles
normales (N045° et N160-180°) sont supposées
sur le terrain et dans le lagon, en particulier dans le Nord-Ouest
où elles borderaient des blocs basculés. Des
dykes intrusifs dans des altérites mio-pliocènes
sont relevés dans le Nord-Ouest de Mayotte avec des
orientations récurrentes N140°, ce qui est aussi
l’axe de l’archipel es Comores depuis l’édification
de Mayotte. D’autres fractures de directions variées
sont relevées, qui résulteraient plutôt
d’extensions post-éruptives d’origine
tectonique ou gravitaire.
L’activité volcanique
se poursuit jusqu’au Quaternaire dans le Nord-Est de
Mayotte : à terre, des basaltes vacuolaires datés à 150
000 ans BP sont nappés de dépôts pyroclastiques à cendres
et ponces d’origine phréato-magmatique ; dans
le lagon, des carottages ont fourni des cendres datées à environ
7000 ans BP. Au large des reliefs, la barrière récifale
commence à s’édifier il y a approximativement
1,5 Ma, avec une accélération de la construction à l’Interglaciaire
il y a 125 000 ans BP. Le lagon et le récif sont ensuite
exondés à la faveur du Dernier Maximum Glaciaire
(DMG) de 26 000 ans BP, entraînant la création
des passes et des systèmes karstiques qui sont observés
sur la pente externe par submersible à –150
m. L’ennoiement progressif du lagon reprend par les
passes il y a 11 600 ans BP. Les structures offshore profondes
de Mayotte sont désormais connues grâce à la
campagne océanographique Bathymay réalisée
en 2004.
Le taux moyen de subsidence (enfoncement) de l’archipel
de Mayotte est évalué à 0,19 mm/an d’après
des datations sur les récifs.

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Un climat insulaire et tropical
Située dans l’hémisphère sud,
entre l’équateur et le tropique du Capricorne,
Mayotte bénéficie d’un climat de type « tropical
humide ». La température moyenne annuelle est
comprise entre 21°C et 28°C. La température
lagonaire est comprise entre 29,2°C (mars) et 25,7°C
(août). Les températures maximales moyennes
oscillent entre 27°C et 31°C. L’amplitude thermique
diurne moyenne est comprise entre 5 et 10°C. L’année
se partage en deux saisons :
L’été austral est la saison
des pluies qui s’étend d’octobre à mars.
Il débute par l’arrivée de la mousson
provenant du nord. Les températures sont particulièrement élevées
et le taux d’humidité important. 80% des précipitations
ont lieu durant cette période. Cette saison est
favorable aux cyclones et aux dépressions tropicales.
L’hiver
austral est la saison sèche qui débute en
avril et s’achève en septembre. C’est
la période durant laquelle les alizés secs
rafraîchissent l’air, le taux d’humidité décline
et les pluies se raréfient.
Les pluies connaissent une distribution irrégulière
sur le territoire : les barrières montagneuses,
en faisant obstacle à la circulation des vents,
constituent les limites de secteurs climatiques distincts.
On constate ainsi une opposition entre les régions « au
vent », au climat plus humide, et les régions « sous
le vent », exposées aux alizés. Le
gradient de pluviosité est orienté nord-ouest/sud-est.
La pluviosité, sur une année entière,
est plus élevée au nord-ouest et centre-ouest
que dans le nord-est et le sud.
Le climat chaud et humide
favorise l'altération des roches volcaniques, tandis
que l'intensité des précipitations et parfois
des cyclones contribue à l'érosion, aux mouvements
de terrain et aux inondations.

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